Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
2 décembre 2008 2 02 /12 /décembre /2008 09:09
Mon ami Jean Paul, connu à Sollies Pont pour être le fils de Jeannine Boitelle ancienne 1 ère Adjointe sous ma mandature, s'essaie à la polèmique et adresse à ses contacts des textes assez bien écrits et je ne résiste pas à la tentation de le publier.
Histoire de rire...jaune.
 André DUHAMEL



RTL, 28novembre 2008; un SDF de 55 ans est mort de froid dans la rue à Paris. C'est le sixième en moins d'un mois. Tiens, on meurt de froid dans la rue en France du XXIème siècle.

J'ai eu l'occasion de buter sur un cadavre en pleine avenue d'une grande cité au cours de mes pérégrinations : c'était à New-Delhi en 1969. J'avais un rendez-vous avec un copain indien musicos', pour une petite impro jazzy mélangeant des instruments occidentaux et indiens. Il était prévu pour la pause un de ces carrys comme je les aime avec moult épices et substances relevées.
Mais j'ai eu l'appétit coupé. En me rendant chez mon pote, j'aperçois un tas difforme sur le trottoir. Sur le coup je pense que c'est un monticule de d'ordures: en approchant, je me rends compte que c'est un homme, drapé dans tout ce qui lui reste de dignité, avec ses haillons lourds de crasse et de bitume. Il n'a que la peau sur les os, comme un rescapé d'Auschwitz, et malgré le soin qu'il a pris à essayer de se présenter dignement à l'éternité, il a le cul à l'air, un essaim de mouches déjà en train de se régaler des humeurs de son anus. D'autres hyménoptères, plus raffinés, ont choisi ses yeux et ses narines : tous ses orifices sont investis. C'est ça, la mort solitaire dans la misère de la rue.

En 1969, en Inde, on pouvait se dire que ces choses là arrivaient, mais qu'un monde meilleur y mettrait un terme.
Je constate qu'en 2008 en France ces choses arrivent : est-ce que l'Inde nous rejoint, ou alors est-ce que nous rejoignons l'Inde d'il y a 30 ans ? En même temps, des enculés mondains (mon statut m'autorise certaines licences littéraires) traversent sans le sentir l'effondrement annoncé de notre société.
Le Fur, PDG de Sanofi, part après avoir plombé sa boite, avec un bonus de 2,7 millions d'euros, soit 170 années de SMIC ; Tchuruk et Russo, dirigeants d'Alcatel, ont eu chacun plus de 300 ans de SMIC pour avoir perdu 1 milliard d'euros et 17 000 emplois.
Bravo les artistes.
A noter que là encore, les francaouis sont loin du compte: le financier américain Stanley O Neil (Merrill Lynch), devrait toucher 10 000 ans de SMIC, soit 16 000 ans de revenu au seuil de pauvreté, ce qui fera de lui le recordman du monde, l'actuel champion étant son compatriote Angelo Mozilo, l'homme des subprimes, parti avec 5 000 ans de SMIC, le gain annuel de 11 000 seuils-de-pauvre ; plus près de nous, le banquier hollandais Groenik (nom prémonitoire) a étouffé 1 800 SMIC et 2 800 années de misère. Le record de France appartient à Messier (Vivendi) et Jaffré (Elf) avec environ 1 200 SMIC. Petits joueurs, petites bites. Bernard (Carrefour) a failli les exploser avec 2 400 années, mais lui, il s'est fait chopper en flag et il doit renoncer: le Prince Sarkoléon a haussé les sourcils, et il semblerait que les enthousiasmes se modèrent, mais cela ne veut pas dire que la fête est finie.

Dans ce tohu-bohu de misère noire et de bonus obscènes, on se demande ce que propose l'opposition, car un consensus national aurait du poids sinon de la gueule, et pourrait se répercuter dans l'Union. Et bien pendant tout ce temps là, quand les riches s'enrichissent et que les pauvres meurent de froid, l'opposition "sociale" se pignole l'asticot. Le Bulot de l'Ile de Ré, par des manipulations génétiques douteuses sur le trio Fabius-DSK-Delanoë, pieds nickelés foireux du post Mitterrandisme, nous ressucite la Mère Tapedur, qu'on envoie se friter avec Sainte-Colère-en-Charentes.
On se doutait bien que le PS allait tourner vinaigre, mais je n'aurais jamais imaginé la confiture actuelle, même dans mes rêves les plus fous (j'ai un grand amour pour la social-démocratie). La démonstration qu'ils viennent de faire avec leurs élections pathétiques confirme bien qu'ils seront à la hauteur si on veut une république bananière. Je n'écris pas cela en rigolant : la décrépitude du PS, est catastrophique, dans la mesure où il était jusqu'alors le seul parti important d'opposition.
Titine-les-35-heures a fini par l'emporter, et on se disait que tout le monde allait commencer à plancher sur la crise, mais non : Mâame Royal,  après une gifle à 42 voix, en a redemandé, et s'est pris une deuxième mandale de plus de 100 voix. Il lui restait à mettre les choses au point, histoire de continuer à foutre la merde, et elle l'a fait : rendez-vous en 2012, qu'elle a dit, ce sera moi la Présidente. Comme quoi son parti et le socialisme, la Madone du Chabichou s'en tamponne le coquillard : ce qui l'intéresse, c'est le pouvoir.
Mais Pimprenelle n'aura pas la tâche facile, vu la composition de l'état major du PS, elle comprise: rien que des énarques qui veulent le même chose qu'elle. Pas un représentant des classes laborieuses. C'est pas eux qui risquent de mourir dans la rue, 

Il faudrait qu'ils fassent attention qu'à force de prendre les gens pour des cons, même si c'est vrai qu'ils le sont, ce genre de gag balistique leur pend au nez, vu qu'ils n'ont d'autre programme que d'être Calife ou Califesse à la place du Calife: ça le fera pas, ou alors de mauvaise façon. Parce que les français ne sont pas que cons: les caciques de la social-démocrasseuse ne l'ont pas imprimé, ça, et ils vont le payer. Normal, ils n'ont pas fait les bonnes études : l'ENA, c'est bien pour un job de gratte-papiers, pas pour un vrai métier, qui les rendraient crédibles auprès de la base. Et comme les drôles de dames n'ont pas arrêté leurs conneries, on peut commencer à chanter « Parti, c'est fini », sur l'air de Capri. Entre temps, Mélenchon poursuit sa sécession, et Robert Hue quitte le PC. Tiens, il se passerait quelque chose ?
Le 8 octobre, Claude Cabanes, rédac'chef de l'Huma, appelait sur RTL à la mise en place d'un gouvernement de salut public pour faire face à la crise. Certes, les anti-communistes pavloviens peuvent ricaner, voire commenter ces propos d'un derrière distrait, façon de dire « cause à mon cul » à ce sympathique journaliste, mais moi, cette idée de gouvernement de salut public me plaît bougrement.
Si le PCF renoue avec ses fondamentaux, renonce à ses démons post-staliniens et se décide à parler avec le postier des beaux quartiers, et si les suiveurs de Mélenchon ont les couilles de leurs idées, nous aurions peut-être une véritable opposition. Ce qui remettrait les caciques du PS à leur place: le centre mou. Le débat démocratique et républicain pourrait reprendre sur un autre mode que « Bonne nuit les petits », avec Nicolas à l'Elysée, Pimprenelle au rancart. Reste à proposer un vrai programme pour traverser le coup de torchon, mais ceci est une autre histoire, et je crois qu'en attendant, le hobereau austro-hongrois Saközy de Nagy-Bosca a de beaux jours devant lui. Cela dit, il n'a pas droit à l'erreur. En attendant, on va continuer à mourir de froid cet hiver dans les rues du pays. Jusqu'à l'été prochain, au cours duquel les petits vieux pourront mourir de chaud.

JP "Fossoyeur" SANTINACCI

Partager cet article

Repost 0

commentaires