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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 09:08
Il a remis ça !!!

Jean Marie Le PEN est un personnage difficile à décoder.

En 1987, lors d'un banal entretien télévisé, un journaliste lui a demandé ce qu'il pensait des chambres à gaz durant la 2 ème guerre mondiale.

Il a répondu en bredouillant " qu'il n'en savait rien, mais que toutes façons c'était un détail de l'histoire".

C'est ce que le public a retenu et a développé la polémique que l'on sait.
Evidemment c'était une bavure énorme.

Longtemps j'ai pensé qu'il s'était fait piéger. Lui magnant la rhétorique comme rarement un homme politique ne saura le faire, il se serait fait avoir comme un débutant.

Il lui aurait facile de répondre "écoutez nous sommes en 1987, si je ne m'abuse vous ne m'avez pas invité à une émission historique, parlons politique de la France d'aujourd'hui et de ses problèmes" et je pense que l'affaire en serait restée là.

Mais voilà "le Chef avait parlé" il ne pouvait pas commettre d'erreur et il a persévéré. Orgueil quand tu nous tiens !

Cela m'amène à faire le point sur ce mouvement le Front National qu'il a fondé en 1972 et qui a connu dans les années 1980, jusqu'à l'élection présidentielle de 2002 des succès incontestables et si ce mouvement n'était pas représenté au Parlement, c'était en grande partie du au mode de scrutin majoritaire.
 En 1986 lorsque F. Mitterrand avait instauré la proportionnelle, le FN avait pu constituer un groupe de plus de 30 députés à l'Assemblée Nationale dont la malheureuse Yann PIAT reconvertie à l'UDF et seule rescapée du naufrage de 1988.
 Entre-Temps le gouvernement Chirac avait rétabli le scrutin majoritaire.

Qui composait l'essentiel des troupes et l'encadrement de ce parti. A l'origine essentiellement d'anciens partisans de l'Algérie Française et donc beaucoup de rapatriés de ces anciens départements français qui avaient du fuir leur pays en 1962 lors de l'indépendance.

Habile jouteur JM Le Pen réussi à convaincre plus de 4 Millions d'électeurs qui ne se reconnaissaient pas dans les décors traditionnels de la politique française.

 Le sentiment européen n'était pas aussi ancré qu'à présent, encore que ?

On peut se rappeler l'échec du référendum...

Mais à 27 membres la menace de voir un Etat Fédéral européen s'éloigne et en fin de compte les Français tiennent à leur vieille Nation et ne sont pas prêts à se fondre dans un ensemble dont ils ne perçoivent pas encore les contours exacts. (cf. les derniers propos de Nicolas Sarkozy sur la Turquie)

Tous ces éléments et l'immigration qui faisait peur ont eu pour conséquences l'existence de ce courant, parfois bien implanté, souvenons-nous de Toulon, Orange, Vitrolles, Marignane.

Seulement c'était sans compter avec le caractère de Le PEN qui semble-t-il ne supportait pas de voir certains de ses lieutenants élus dans des grandes villes, alors que lui malgré ses bons scores aux présidentielles, n'arrivait pas à se faire élire sur le plan local (Nice Marseille notamment)

Et le temps a passé, aujourd’hui octogénaire, il n'incarne plus l'avenir et face à Sarkozy qui reprenait certains de ses thèmes, notamment sur l'immigration, on a vu en 2007 le résultat : la FIN !

Et ce n'est pas sa fille qui reprendra le flambeau. Elle va essayer, se démarque de cet encombrant père mais le cœur n'y est plus.

Enfin comment interpréter sa dernière sortie confirmant 20 ans après l'affaire du détail ?

Je crois que c'est la manifestation d'un homme diminué, bien conscient que l'heure de la retraite a sonné.

Une sorte de défi final, pour dire : "on va encore parler de moi".

Et ça marche : la machine judiciaire va se remettre en marche, les plaintes des associations anti-racistes pleuvent à nouveau.

La question que je pose est la suivante : n'aurions-nous pas d'autres chats à fouetter ? Le Pen va à nouveau se faire condamner. Et alors il s'en fiche, l'essentiel à ses yeux est d'être à nouveau dans l'actualité.

André DUHAMEL



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