Dans son dernier étidorial Jacques Garello essaie de nous convaincre, en cette période peu propice, du bien fondé de la position qu'il défend depuis 30 ans en faveur de la Retraite par Capitalisation et prédit une faillite de la Retraite par répartition qui apparaît comme un dogme auquel la Droite au pouvoir n'a jamais osé s'attaquer.
Dans le milieu de la fonction publique ceux qui travaillent au-delà de 60 ans sont mal vus par leurs collègues, car il empèchent les jeunes d'accèder rapidement à des postes de responsabilité.
De plus une fois les annuités acquises, la retraite, pardon la pension n'est plus revalorisée bien que les cotisations continuent à tomber. C'est vrai le plublic ignore qu'il n'y a pas de caisse de retraite pour la Fonction publique d'Etat. C'est le budget de l'Etat qui encaisse les cotisations et ensuite verse les pensions.
Jusqu'en 1993 selon le syndicat F.O l'Etat était gagnant, mais à partir de cette époque les condtions démographiques ont fait que cette situation a été renversée. Certains n'hésitent pas à compter ces dettes, ce qui est bien leur nature, dans le total de la dette étatique.
Ci-dessous la dernière analyse de Jacques Garello Professeur Emérite à l'Université de'Aix -Marseille III
André DUHAMEL
Je ne vous parlerai ni des premiers discours d’Obama, ni du Congrès de Reims, ni du sommet des Vingt. Je reviendrai à un sujet plus modeste, mais aussi plus réaliste, qui va peser sur la vie quotidienne de millions de Français. Il s’agit des retraites.
Le Parlement est en train de débattre de la possibilité de rester en activité jusqu’à 70 ans, sans pour autant remettre en cause l’âge légal de la retraite, qui reste fixé pour l’instant à 60 ans. C’est une liberté qui est offerte à des volontaires, qui trouvent dans cette affaire deux motifs de satisfaction : d’une part ils n’ont plus le sentiment d’être condamnés à l’inactivité alors même qu’ils sont en pleine forme, ils ne veulent plus être mis au rebut ; d’autre part, ils complètent leurs droits à retraite s’ils craignent de voir leurs pensions amputées. Pour peu que la législation fiscale donne quelques exemptions ou que l’assurance vieillesse donne un bonus, prolonger son activité est une bonne opération (dans certains pays, la majoration de pension est de 5% par année d’activité au-delà de l’âge légal).
Cette évolution est-elle la voie de l’avenir ?
J’aborde cette question dans l’ouvrage, écrit avec mon ami et collègue Georges LANE, dont je viens de déposer le manuscrit, et qui sera présenté à Paris le 2 décembre prochain.
Il s’agit du second volume d’une trilogie sur le thème « Futur des retraites et retraites du futur ». Dans le précédent volume, publié en mai dernier, nous avions expliqué pourquoi le système français actuel est condamné à l’explosion. Il fonctionne en effet suivant le principe de la répartition, qui consiste à utiliser immédiatement les cotisations versées par les actifs pour payer les pensions des retraités. Le système ne peut fonctionner que s’il y a beaucoup d’actifs et peu de retraités, or nous sommes exactement dans la situation inverse, et le vieillissement de la population ira en s’accentuant. Il y avait plus de 4 actifs pour 1 retraité en 1960, aujourd’hui il y a 1,40 actifs, et en 2030 il y aura un actif pour un retraité.
Ce déséquilibre est observé dans pratiquement tous les pays riches (membres de l’OCDE par exemple). Comment le traite-t-on dans ces pays ? C’est l’objet de notre nouvel ouvrage que d’analyser les réformes qui ont cours à l’étranger. Certaines de ces réformes sont très anciennes, la première en date et en célébrité est celle réalisée au Chili en 1980 par José Piñera, ministre du travail. Un chapitre de notre livre contient un article de ce grand pionnier, qui explique comment la répartition a été totalement abandonnée au profit de la capitalisation.
En Grande Bretagne également, bien avant Margaret Thatcher, les travaillistes avaient réduit au minimum la répartition et encouragé les Britanniques à prendre leurs responsabilités en adhérant à des fonds de capitalisation. Suédois, Australiens, Polonais, sont également connus pour les mesures révolutionnaires qu’ils ont prises. En Suisse, la capitalisation assure 60% des retraites. En revanche, il y a eu plus de difficultés pour les Allemands, les Italiens et les Belges à trouver les voies d’une réforme radicale.
C’est que les hommes politiques hésitent toujours entre deux directions : pratiquer des réformes paramétriques ou systémiques. Je m’explique.
Les réformes paramétriques s’efforcent de « sauver la répartition ». Les niveaux des cotisations et des retraites dépendent en effet d’un certain nombre de paramètres : l’âge légal de la retraite, le nombre d’années de cotisation, le revenu qui sert de base au calcul des pensions (le dernier revenu, le revenu moyen sur 10 ans, 20 ans, sur les meilleures années, etc.), le déroulement de la carrière, la situation familiale, et bien d’autres choses encore. La retraite à 70 ans proposée en France, et qui soulève déjà tant de polémiques, appartient à cette catégorie de réformes paramétriques. En poussant la logique de la réforme jusqu’à son terme, si tous les Français prenaient leurs retraites à 85 ans il n’y aurait plus de risque pour le système !
Les réformes systémiques sont celles qui font confiance à un autre système, la capitalisation : l’argent des cotisations alimente un compte personnel pour le futur retraité, un fonds de pension, une compagnie d’assurance ou une banque est chargée de le faire fructifier. 100 euros placés pendant 10 ans à 4% deviennent 148 euros. Celui qui aura capitalisé durant 40 ans de sa vie active se trouvera à la tête d’un joli capital au jour de sa retraite. Un smicard partira avec une retraite supérieure à son salaire actuel !
On nous objecte que la capitalisation est aléatoire, et la crise financière serait là pour briser toutes les illusions : l’argent confié aux financiers s’évaporerait. Nous n’avons aucun mal à démontrer que c’est une vue de court terme, ignorant tout des marchés financiers, et que sur une période relativement courte (15 ans) le lissage des rendements financiers est pratiquement acquis, et qu’en allongeant la période (jusqu’à 40 ans par exemple) il n’y a plus aucun risque. Par contraste, la répartition conduit inéluctablement à la ruine du retraité.
La question qui se pose est donc celle-ci : pourquoi pas en France ? Pourquoi la classe politique unanime et les syndicats, voire même le patronat, veulent-ils absolument « sauver la répartition » alors que la capitalisation s’impose et réussit ailleurs ?
Jacques Garello
Le 17 novembre 2008
www.libres.org
Tout d’abord, je ne vois pas en quoi cette élection serait historique, à moins de verser, comme la plupart
des commentateurs, dans le racisme primaire. On nous rebat les oreilles avec le « rêve américain », Martin Luther King, et la ségrégation, pour ramener le succès du candidat démocrate à
la revanche des Noirs. C’est oublier qu’il y a bien longtemps que la nation américaine a réussi à assimiler des minorités nombreuses et diverses autour de quelques valeurs simples, objets d’un
large consensus : la liberté, la propriété, le travail et le marché. De nombreuses métropoles américaines ont des maires noirs : Washington, Chicago, Los
Angeles, Detroit, Philadelphie, etc.
La minorité noire a plusieurs sénateurs, députés et gouverneurs depuis fort longtemps, et il en est de même aujourd’hui pour les minorités latinos, asiatiques, indiennes, comme dans le passé avec les italiens, les catholiques irlandais, les juifs ukrainiens, et encore plus loin dans le temps avec les écossais puritains, les hollandais arménites, les suédois et allemands luthériens, etc.
Le véritable miracle américain, le rêve devenu réalité, ce n’est pas Barak Obama, c’est l’Amérique. Voilà qui fascine mais culpabilise ces peuples, à commencer par le nôtre, qui sont terrorisés par des sociétés dites « multiculturelles » mais qui ont perdu toutes valeurs, toute culture permettant de respecter la différence; ces peuples, faute d’éducation éthique, préfèrent s’adonner au communautarisme haineux.
Cette élection qui n’était pas historique a suscité des commentaires qui étaient à coup sûr hystériques. Monsieur Jack Lang nous a ressorti son couplet sur « le passage de l’ombre à la lumière » et nous a régalés avec « Obama, la jeunesse du XXIème siècle » (il est expert en jeunesse). Mais pour ne pas être en reste Madame Rama Yade a salué l’élection comme « un mur de Berlin puissance dix », car il est évident que la liberté de 400 millions d’Européens ne compte guère comparée à la libération de ces huit ans de totalitarisme à la Maison Blanche.
Parlons aussi de George Bush. J’ai reçu de mes amis américains, et bien avant la défaite de MacCain
l’explication des vraies raisons de cette défaite. Pour les authentiques intellectuels libéraux (au sens français du terme) Bush a prolongé une évolution qui a peu à peu écarté le Parti
Républicain (GOP) de ses références éthiques. Bush et son administration ont pris leurs distances avec le reaganisme. Reagan n’apportait pas seulement une politique économique, appelée
« reaganomics » (baisse des impôts, concurrence, déréglementation, réduction du centralisme fédéral) qui ont valu trente ans de croissance inégalée aux Etats-Unis.
Il apportait aussi le « néo-conservatisme » : travail, réussite, entreprise, famille, solidarité volontaire, etc. Comme l’explique John Baden, Bush et son entourage ont commencé par se passer de tous les conseils, de tous les intellectuels qui avaient amené Reagan au pouvoir. Les principaux think tanks (Heritage, Cato, Atlas, Manhattan, Pacific, American Enterprise, Economic Education, etc.) n’ont plus été écoutés: quand on détient le pouvoir pourquoi s’embarrasser de dogmes ? Au sein du Parti Républicain, de nouvelles équipes sont apparues, puissamment liées aux milieux d’affaires. Dès lors, au sein du Parti, les convictions morales ont disparu pour considérer les seules positions sociales. Le Parti est devenu symbole de classe richissime, étalant sa richesse et son mépris pour tout le reste. Mais le Parti n’avait plus de doctrine pour le guider, plus de message à faire passer.
Ainsi, ce n’est pas MacCain qui a été sanctionné, mais bien le Parti Républicain, qui n’est plus le parti de Reagan et de l’éthique de la liberté, mais le parti de Bush et des brasseurs de millions.
Cette leçon pourrait être méditée avec profit en France. Les partis de droite ont renoncé depuis vingt ans à toute doctrine, ils ont choisi le « pragmatisme » : le succès et le pouvoir sont les vraies lois. Ils ont été élus sur une étiquette naguère payante, celle du libéralisme, mais ils n’ont fait que du socialisme. Pragmatisme et socialisme sont les deux mamelles de la France.
Il serait temps d’en revenir aux fondamentaux de la démocratie libérale.
Le 6 novembre 2008