Mercredi 9 juillet 2008
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Il y a des décisions qui seront mal comprises.
Pourquoi le gouvernement décide unilatéralement de supprimer 17 jours de RTT aux seuls cadres ?
P. Devidjan avait émis une idée très intéressante : supprimer la notion de durée légale du travail, laissant aux acteurs économiques et sociaux le soin de régler la question.
Je crois que c'est le bon sens et les organisations syndicales présentes dans les discussions auraient tout à gagner à ce que les relations du monde du travail échappent aux "diktats" de la
puissance publique qui une fois encore se mêle de ce qui ne la regarde pas.
On sait très bien que les cadres en général ne sont pas avares d'heures supplémentaires lorsque les besoins de l'entreprise le commandent.
Et souvent gratuitement.
Dans la fonction publique les cadres au sens général (A et B supérieur) ne pouvaient se faire payer des heures supplémentaires chichement accordées aux agents d'exécution.
Combien de collègues habitant sur place (logements de fonctions) profitaient du samedi matin et parfois plus pour accomplir des tâches que leur mission d'encadrement empéchaient de réaliser
durant la semaine ?
Sur le principe et sur l'équité cette mesure n'est pas bonne.
Encore un « couac » ?
André DUHAMEL
Samedi 5 juillet 2008
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Je vous fais parvenir un texte qui est un pastiche de la fable de J de la Fontaine le "corbeau et le renard" transformé en
"Le corbeau et le lapin".
Ce texte reprend la formule célèbre que dans l'administration, c'est comme dans une bibliothèque: plus on est haut placé, moins on sert.
Ma qualité de Trésorier Principal en retraite me permet de me moquer de moi-même et de mes semblables:
Ceci dit , il y a de "hauts fonctionnaires" qui travaillent beaucoup, et plus que l'on ne le croit.
De plus ce texte m'a été transmis par Etienne NOBILI ancien DST sous ma mandature et qui n'a laissé que de bons souvenirs à Sollies Pont
André DUHAMEL
Jean de La Fontaine l'avait oubliée celle là ! Celle des
fonctionnaires.
Le corbeau et le lapin
Le corbeau sur un arbre perché
Ne foutait rien de la journée.
Le lapin voyant le corbeau
L'interpella et lui dit aussitôt:
Moi aussi, comme toi, puis je m'asseoir
Et ne rien foutre du matin jusqu'au soir?
Le corbeau lui répondit de sa branche:
Bien sûr, ami à la queue blanche,
Dans l'herbe verte tu peux te coucher
Et ainsi de la vie profiter.
Blanc lapin s'assit alors par terre,
Et sous l'arbre resta à ne rien faire,
Tant et si bien qu'un renard affamé,
Voyant ainsi le lapin somnoler,
S'approcha du rongeur en silence,
Et d'une bouchée en fit sa pitance
Moralité : Pour rester assis à ne rien branler il vaut mieux être très haut
placé...
Lundi 30 juin 2008
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Dans mon dernier article, je n'avais pas parlé de la résolution prochaine d'un problème qui empoisonne depuis le vote de la Loi Besson(1990), toutes les
municipalités, de Sollies comme de toutes celles qui dépassent 5 000 Habitants.
Première observation : on ne voit pas pourquoi la loi s'appliquerait à une minorité de Communes soit 4 000 environ sur les 36 000 que compte notre
pays.
- 5000 Habitants pour l'obligation de créer une aire d'accueil pour les gens du voyage
-3500 Habitants pour l'obligation d'avoir au moins 20 % de logement sociaux par rapport à la totalité des habitations dans la Commune.(Loi SRU de
2000)
Ce qui fait que dans notre canton, seules Sollies Pont et La Farlède sont soumises à la première obligation, quant à Belgentier et Sollies-Ville, elles peuvent
dormir sur leurs deux oreilles, elles échappent à tout.
Pourtant ce sont les maires de ces deux petites Communes qui détiennent les responsabilités, l'un est Conseiller Général( ou départemental), l'autre est
Président de la Communauté de Communes.
Nous avions cru à un moment que compte tenu de la création de l'intercommunalité ces responsabilités auraient été mises en commun, ce qui aurait renforcé la
solidarité au sein de ces nouvelles structures.
Par chance Sollies Pont après bien des hésitations, a découvert (je l'ignorais) que l'Etat était propriétaire d'une parcelle de plus de 4 000 m2 près du rond
point de midi-multiple. Sur l'ancienne route de Cuers.
Le Maire André Garron a entrepris les démarches pour que ce terrain inutilisé soit rétrocédé à la Commune pour réaliser l'obligation de créer 30 places
d'accueil pour les "gens du voyage". On voit mal l'Etat le lui refuser.
René Long a d'ailleurs écrit un article récemment sur le sujet dans Var Matin.
Bien sûr cette annonce a provoqué des protestations de la part du voisinage, mais toute autre implantation aurait induit les mêmes réactions.
Mais cette fois-ci il semble que le processus soit bien enclenché et il n'est pas certain que la gêne soit aussi importante que le voisinage semble le penser.
Rien à voir avec le tracé de la LGV.
André GARRON devra faire preuve d'une grande psychologie pour expliquer à la population environnante, la nécessité dans laquelle la Commune se trouve à ce
sujet.
Mais est-ce pour autant que cela va résoudre le problème ?
Personnellement j'en doute car nous n'avons pas de « gens du voyage » qui voyagent réellement. . Il s'agit d'une famille bien connue à Sollies Pont et dans les
Communes voisines qui en fait sont sédentarisés depuis longtemps, mais qui pour des raisons de tradition qui lui est propre continue à résider dans des caravanes sur des lieux parfois discutables
: Parking et depuis un certain nombre d'années au boulodrome, à côté de l'ancienne gendarmerie.
Le Préfet d'une manière curieuse a décidé qu'il n'interviendrait pas, tant que la Commune n'aura pas accompli son obligation. Sauf votre respect, M. le Préfet,
cette attitude ressemble bien à du chantage. Mais où mettre ces gens si on les expulse ?
D'accord la loi est mal faite : elle ne tient pas compte des possibilités physiques des Communes concernées.
Mais pensez-vous que lorsque cette aire sera réalisée, les résidents s'en iront au bout des 2 à 3 semaines, comme de simples campeurs en vacances
?
D'autant que depuis quelques années on assiste à des occupations pour le moins illégales : Les gens achètent à bas prix des parcelles classées en terres
agricoles (effet pervers du blocage de la zone) et s'y installent à demeure, parfois dans des constructions bien immobiles.(Voir chemin de la Bayole, aux ruscats etc...)
Dans ces conditions, il devient très difficile de réprimer les abus souvent moins tangibles des autres catégories de la population. (piscine non déclarée, abris
de jardin, voir mobil home et caravanes habitées le week-end).
Encore une fois, je souhaite bon courage à notre Maire.
André DUHAMEL
Ancien Maire (1995-2001)
Mardi 24 juin 2008
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Ce matin Var matin consacre un article très intéréssant sur cette fameuse LGV qui pourrait menacer notre campagne.
En fait, Jean Claude Gaudin qui est un homme intelligent, n'imposerait plus que la nouvelle ligne passe par Marseille et se contenterait d'une ligne directe Nice-Aix en Provence passant par le
moyen Var.
C'est ce qu'ici j'avais évoqué à la lecture d'un article de l'Expansion traitant des projets de RFF (Réseau Férrés de France).
Le bon sens semble l'emporter. Dame ! 25 minutes en moins pour les niçois et 2 Millards d'euros d'économisés pour le contribuable.
Cela donne à réflechir.
J'ai une théorie qui va faire frémir certains: le fait que les caisses publiques soient en situation délicate évite dans certains cas de faire des bêtises.
D'aucuns diront que c'est parce que je suis "ultra-libéral". En fait je ne sais pas ce que cela veut dire: on est libéral ou pas.
Quant à Hubert Falco, il ne dit rien. Au poste qui est le sien au gouvernement, il y a des déclarations que l'on n'est plus autorisé à faire et Hubert est un prudent. Quant à Christian Estrosi qui
avait un temps mélé sa voix au concert de ses collègues Maires, disparu du débat.
Quel soulagement !
André DUHAMEL
Lundi 23 juin 2008
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Dans mon précédent article je vous ai parlé de la prochaine réunion du Conseil Municipal, la
première vraiment significative dans la mesure où les précédentes ressortaient plutôt du rituel des municipalités qui s'installent.
Cette réunion augure bien d'un changement radical de direction :
- le chemin de Ste Christine en piteux état va être refait avec l'aide de la Communauté de Communes.
- la position de blocage total sur la zone agricole semble avoir vécu et intelligemment André Garron le nouveau Maire a indiqué qu'il fallait sauver ce qui
pouvait économiquement l'être.
Très bonne décision, car il y a des quartiers où des parcelles inférieures à 5000 m2 qui ne seront jamais plus exploitées et ne présentent plus
aucun intérêt pour l'agriculture pourraient trouver une autre utilité et rétablir une égalité entre les quartiers.
Exemple: l'avenue des Fourches qui a été rénovée durant mon mandat permet une constructibilité le long de la voie alors qu'aux renaudes, aux ruscats
et aux Pousselons : Stop c'est agricole !
Alors pas touche nous dit la DDA. , ainsi que le lobby agricole et les nostalgiques d'un Sollies Pont disparu depuis des dizaines d'années et pour certains
avec des arrières pensées électoralistes. Pensez si des retraités aisés ou des cadres moyens ou supérieurs envahissent nos campagnes, un certain électorat va se réduire comme peau de
chagrin.
La Safer devrait se préoccuper de ce problème.
Comme la nature a horreur du vide certains se permettent de violer la réglementation urbaine et sans autorisation construisent parfois en dur des
habitations complètes !
Le Maire a lourdement insisté sur un terrain d'un hectare aujourd'hui construit au Chemin de la Bayole. Dans ce blog j'avais il y a quelques mois
dénoncé cette occupation illégale qui de plus gênait considérablement le voisinage. Nous serions au stade de la correctionnelle.
- Nous avons appris par la bouche de Philippe Lauréri que les bornes à incendie dans leur majorité ne
fonctionnaient plus et qu'heureusement 15 jours avant le sinistre de BUT, il avait constaté qu'il n'y avait plus d'eau et fait le nécessaire à cet emplacement.
On a frôlé la catastrophe.
La raison : l'ancienne municipalité Capifali avait tout bonnement annulé le
contrat d'entretien avec une société, convention que Philippe Laureri Président du CCFF m'avait fait signer lors de ma mandature. (eh oui certains vont encore dire que je règle encore des
vieilles rancunes, mais devant de tels faits avais-je complêtement tort ? C'était de l'inconscience de la plus haute gravité.
Finalement d'après l'adjoint à l'environnement (Philippe Lauréri) il n'y aurait qu'une vingtaine de bouches en état de fonctionnement sur les 150 que compte
la Commune. Là il y a urgence et 40 000 € seront nécessaires pour parer au plus pressé.
Nous avons eu l'exposé du Receveur de la Commune. MM. Herrera sur l'état très préoccupant de nos finances
- Frais de personnels trop importants par rapport aux possibilités de la Commune. Cela nous le savons depuis des années.
-Fiscalité sur les ménages au maximum
-faiblesse de la Taxe professionnelle (25 %). La norme étant aux alentours de 50 %
Je n'ai pas bien compris la proposition de J-P Luquand de revaloriser les bases. D'abord c'est très difficile et puis le résultat est connu : cela se
traduirait par une augmentation de la pression fiscale locale sur les ménages, en fait sur certains considérés comme aisés. "Faire payer les riches".
La gauche manque d'imagination, enfin une certaine gauche qui continue dans le dogmatisme marxiste.
Il faudrait leur expliquer que la fiscalité locale n'a pas pour mission de faire de la redistribution, mais de faire acquitter aux habitants le coût du
service public communal. L'assistanat connaît certaines limites et l'on se rend compte que cette politique facile a creusé les déficits dont on a du mal à se sortir.
Cette réunion a été très longue, mais riche et le Maire a assuré son autorité sur les digressions voulues par certains élus en les rappelant à l’ordre du
jour.
Enfin André Garron a décidé de constituer des « Commissions consultatives de citoyens », c’est une très bonne idée, d’autant qu’il a pris des
responsabilités très importantes à la Communauté de Communes et est bien décidé à faire appel aux bonnes volontés pour l’aider. Elus ou non.
Une suggestion : faire de la publicité autour du site internet de la Commune qu’il faudrait profondément remanier.
A suivre…
André DUHAMEL
Vendredi 13 juin 2008
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Date Vendredi 20 Juin 2008 à 18 heures à la salle des fêtes.
Ordre du jour : Décisions municipales édictées depuis le conseil du 05/05/2008
Analyse
financière de la commune par Monsieur Herrera, Trésorier de la commune
Vote par
le Conseil de 27 délibérations municipales dont le vote du compte administratif 2007
D'importantes délibérations seront débattues : Révision du POS pour l'élaboration du plan local de l'Urbanisme ; projets immobiliers ; acquisitions foncières ; conventions d'intervention
foncière, Droit de préemption urbaine renforcée etc...
Je viens de recevoir l'ordre du jour du prochain Conseil Municipal. Ci dessus.
Le rapport du Receveur Municipal (Receveur Percepteur) est toujours très intéressant et donne une vision indépendante de l'état de nos finances
Important: la nouvelle municipalité va entreprendre une révision du POS (plan d'occupation du Sol) en vue de l'élaboration du PLU (Plan Local d'Urbanisme).
Remarque: la précédente municipalité aurait du s'atteler à cette tâche mais comme dans beaucoup de domaines elle est restée immobile. Sollies Pont est en effet une des rares communes à ne pas
avoir de PLU. Evidemment c'est un travail très important qui demande au moins deux ans de préparation.
Visiblement l'ancienne équipe n'avait pas notion de la réalité de la gestion d'une Commune.
C'est avant tout un service public, au service du public. Ce n'est pas un Comité des fêtes ou une sorte de club service (Rotary, Lions' club
etc...).
A mes yeux l'entretien des routes et chemins, l'urbanisme, la sécurité passent avant le Festival des Nuits du Château. Je n'ai rien contre cette manifestation,
comme toutes les autres (fête de la Figue, manifestation sportives, jumelage...) qui relève plutôt du monde associatif, aidé par les services communaux. La fête de la Figue est d'ailleurs un
exemple d'une collaboration des organisateurs qui ne sont pas des élus pour la plupart, des professionnels et de la Commune qui assure la logistique.
Elles contribuent à l'animation et à l'attractivité de notre Cité, mais dans la gestion quotidienne cela passe après.
J'ai bien conscience que ce que je développe n'est pas très électoral, mais c'est pourtant la réalité. Le danger est que les attributions négligées risquent de
tomber dans le domaine des intercommunalités qui de par leur mode de désignation est assez loin du public.
On en reparlera certainement.
André DUHAMEL
Lundi 9 juin 2008
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16:26
On amende, on amende, on amende.
On amende la constitution.
On amende le code pénal.
On amende le droit du travail.
Exécutif et législatif se livrent à un travail épuisant, qui doit apporter à notre pays prospérité et fraternité.
Dans leur ardeur réformiste, ils vont jusqu’à amender la loi de l’offre et de la demande.
Cela me rappelle une anecdote vécue : s’entendant expliquer par le patron que l’entreprise devait s’adapter aux fluctuations du marché et accepter « la loi de l’offre et de la demande », ce
délégué syndical de s’exclamer : « il n’y a qu’à changer la loi ! ».
Beaucoup de personnes, à commencer par nos hommes politiques, sont maintenant poussées à croire que la loi de l’offre et de la demande qui régit l’économie est une loi comme une autre, qui
aurait parfois besoin d’un sérieux amendement. Il suffirait que les dirigeants fassent une nouvelle loi.
Bientôt c’est la loi de la pesanteur que l’on se promettra d’amender.
Notre pays a une telle tradition d’économie dirigée que les dérèglements ou déséquilibres sont imputés à l’Etat, et que l’on se tourne naturellement vers lui pour régler le problème en concevant et
faisant voter des lois. Le pouvoir d’achat est-il en baisse ? Le Parlement doit faire une loi.
L’énergie est-elle plus chère ? Le Parlement fera une loi. La planète se réchaufferait-elle ? Il faudrait que les Etats fassent une loi. Voici deux exemples illustrant ce glissement de la pensée
dominante vers le vide intellectuel.
Pêcheurs, transporteurs routiers, taxis, paysans : le prix du carburant a fait un bond et compromet leur rentabilité. Cette hausse est le fait de la loi de l’offre et de la demande : les
producteurs de pétrole ne livrent pas sur le marché toutes les quantités possibles, mais surtout les consommateurs sont de plus en plus nombreux, avec ces centaines de millions de Chinois et
d’Indiens qui se mêlent d’avoir des voitures, des usines, des maisons.
La loi de l’offre et de la demande veut que le prix augmente, il est révélateur d’une pénurie. A partir de là, deux réactions sont possibles. Celle qui a fait ses preuves depuis des siècles,
est de tenir compte du signal des prix, et d’ajuster l’offre et la demande au déséquilibre révélé. D’une part on apprend à économiser le pétrole, de l’autre l’innovation est stimulée, faisant
apparaître de nouvelles techniques ou de nouveaux produits inconnus ou délaissés jusqu’à présent. L’autre méthode est de faire passer une loi par le Parlement, ou d’obtenir du gouvernement un
décret, une promesse, une compensation, une subvention. Providentiellement le prix sera maintenu à un niveau jugé « raisonnable » par les producteurs (qui se font beaucoup entendre) et par les
consommateurs (moins bien placés).
En réalité on n’aura fait que transférer le surcoût d’une catégorie sur une autre, la catégorie la plus facile à plumer étant celle des contribuables. Le prix n’est plus qu’un barème
administratif et politique : bravo, on s’est enfin affranchi de la loi de l’offre et de la demande ! Télévisions publiques et privées : ici aussi on n’arrête pas le progrès. La concurrence (même
inégale) fait que les recettes publicitaires vont pour l’essentiel aux chaînes privées, et délaissent les chaînes publiques.
Là-dessus un esprit de génie, Alain MINC, souffle à l’oreille du Président (qui sait s’entourer des conseillers les plus avertis du monde), qu’un service public déchoît lorsqu’il vit d’une
recette commerciale. Pouah ! La télévision, la culture ne peuvent appartenir au monde marchand et se soumettre à la loi de l’offre et de la demande !
Quand la transmission des émissions se faisait par ondes herziennes, on ne pouvait couper l’émission à un télespectateur particulier : la « redevance » a été inventée, c’est un impôt sur les
téléviseurs et elle n’a rien d’un prix.
Les techniques actuelles permettent de dénombrer et identifier les téléspectateurs, le produit est donc potentiellement marchand, mais la redevance est demeurée, alors que les recettes de
publicité seraient suffisantes à financer les émissions, pour peu que ces émissions soient bonnes à l’audimat. Mais depuis plusieurs années les recettes de publicité ont fui les chaînes publiques
pour leur préférer les chaînes privées. Qu’à cela ne tienne : une loi sur l’audio-visuel permettra de transférer le pactole publicitaire du privé vers le public, et la redevance sur les téléviseurs
ne suffisant pas on va essayer de faire payer les pirates qui regardent la télé sur leur ordinateur ou sur leur mobile.
Ces deux exemples sont tirés d’une centaine de situations dans lesquelles les autorités politiques, poussées par les corporations et l’idéologie, rejettent la logique marchande pour lui substituer
la logique politique, qui se nourrit de promesses, de redistributions, mais aussi de prélèvements obligatoires. Cette substitution est dramatique. En effet, la loi de l’offre et de la demande qui
régit les échanges n’est que la traduction normale et la mise en évidence d’une situation de pénurie ou d’abondance.
Le principe de l’échange veut que les termes en soient fixés librement par les parties contractantes. La loi de l’offre et de la demande suppose des choix libres et responsables. Elle nous soumet à
l’opinion des autres, mais renseigne aussi les autres sur notre propre opinion. Le processus marchand est extraverti. Le processus politique relève d’une autre logique, et la loi qui en découle ne
peut régir l’économie qu’en supprimant le contrat et la liberté de choix aux différentes personnes, pour imposer la loi des dirigeants, des planificateurs technocrates, et de tous les nostalgiques
de l’économie soviétique et dirigée. Ils prétendent nous libérer de la loi de l’offre et de la demande et imposent leur propre loi. L’argument est la supériorité de l’intérêt général sur l’intérêt
particulier. Mais les législateurs en viennent très vite à nous dispenser de tout embarras du choix, et à nous libérer de notre liberté.
Jacques Garello
Le 9 juin 2008 www.libres.org