Par 314 voix contre 24, les Sénateurs ont rejeté l’article de la loi de Christine Boutin incluant les nouveaux logements sociaux en accession à la propriété dans le quota SRU. A cette occasion, les Sénateurs semblent avoir eu peur d’être accusés de saboter la loi SRU. Mais ils ont oublié l’engagement de Nicolas Sarkozy de faire accéder à la propriété de leur logement des personnes aux revenus modestes. C’est pourtant ce qu’elles veulent et c’est en plus très positif pour la société.
Nicolas Sarkozy avait promis de faire passer le taux de propriétaires de 58 % à 70 %, un taux encore inférieur à celui d’autres pays
européens.
Si on veut vraiment remplir cet engagement, la proposition de Christine Boutin, Ministre du Logement, est indispensable et logique. Il est déjà anormal que les HLM existants, une
fois vendus à leurs locataires sortent du quota de logements sociaux après 5 ans. Mais si même les nouveaux logements sociaux en accession à la propriété ne sont pas inclus dans le quota SRU de
20%, les Maires n’auront aucune motivation pour favoriser ces projets. Ils doivent souvent fournir le terrain, une subvention et convaincre leurs électeurs, s’ils n’en tirent aucun crédit, ils ne
le feront pas.
L’objectif de Christine Boutin est de faire vendre 43.000 logements HLM existants par an à leurs locataires, de faire construire et vendre 20.000 nouvelles maisons à 15 € à des ménages modestes et environ 10.000 autres nouveaux logements sociaux en accession à la propriété. Ne pas prendre en compte ces 73.000 logements dans le compte de logements sociaux revient à chercher à remplir le tonneau des Danaïdes : plus on favorisera l’accession à la propriété des ménages modestes, plus on s’éloignera de la règle des 20 % SRU. Souhaitons que les députés rétablissent le texte proposé par Christine Boutin.
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L’IDEOLOGIE ULTRA-LIBERALE Parmi les dégâts collatéraux des désordres financiers, le pire est sans doute le retour en force de l’idéologie socialiste et de l’idolâtrie étatiste. Combien de temps durera cette nouvelle mode, qui oblige tout le monde à avoir plein la bouche du New Deal et de Bretton Woods ? Je n’en sais rien : sans doute le temps que le marché reprenne son cours, s’il n’est pas gravement endommagé par les interventions publiques. Dans l’immédiat, je me fais cependant un devoir de relever les énormités qui circulent ces jours-ci, et de rappeler quelques vérités à ceux qui les professent et les diffusent. J’ai noté cette semaine l’éditorial de Favilla dans Les Echos de mardi 7 octobre. Je cite : […]La bulle idéologique apparaît en pleine lumière, dans toute son ampleur. Cette bulle idéologique, la religion du marché tout-puissant, a de grandes ressemblances avec ce que fut l'idéologie communiste. Elles ont régné sans partage pendant plusieurs décennies : sept pour le communisme, presque quatre pour l'ultralibéralisme]… [Depuis la mise en oeuvre, par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, de la doctrine de Milton Friedman, le rouleau compresseur idéologique libéral a tout balayé sur son passage]… [Et voici que tout à coup, la vérité apparaît. L'autorégulation du marché est un mythe idéologique, le jeu des acteurs économiques affranchis de toute règle ne converge pas mais, au contraire, diverge gravement, aidé en cela par le naufrage éthique de certaines élites financières. Bref, la doctrine friedmanienne est erronée parce que toute mécanique humaine sans contre-pouvoirs ne tend pas vers l'équilibre mais vers la spéculation, c'est-à-dire vers la déraison]. Cette pièce de littérature est assez remarquable. Communisme et Ultra-libéralisme sont mis sur le même plan. L’ultra-libéralisme a triomphé pendant quatre décennies. On n’a plus juré que par le « souverain marché ». Les intérêts des acteurs économiques divergent. Tout cela par la faute de Friedman, Reagan et Thatcher. Dans ces propos, j’identifie ce qui est pur mensonge, ce qui est ignorance, ce qui est erreur, ce qui est injure. Pur mensonge que d’évoquer un règne de 40 ans d’ultra-libéralisme. D’une part, je ne vois pas quel aura été le Président ou le premier ministre français qui aura mérité de passer pour libéral. Notre pays s’est enfermé dans son étatisme séculaire. Les impôts et les charges n’ont cessé d’augmenter, pour alimenter des dépenses publiques galopantes, la propriété privée a été molestée, la réglementation étouffante, et les syndicats tout puissants. Beaucoup d’observateurs étrangers classent la France comme le dernier pays communiste du monde. D’autre part, les hommes de l’Etat et leur clientèle de coquins et de copains n’ont jamais cessé, dans le monde entier, de résister à la vague de concurrence née de la mondialisation et qui emportait leur souveraineté comme fétu de paille ; ils ont tenté de reconstituer des cartels de gouvernants (G7, G8, G4) sans grand succès à ce jour. Enfin, la «crise » financière a été due aux politiques monétaires et bancaires mises en place, aux Etats-Unis comme ailleurs, par les gouvernants successifs et les instances internationales. Passer tout ce qui ne va pas au débit de l’ultra-libéralisme, c’est évidemment facile, mais c’est mensonger. Totale ignorance de ce qu’est le marché, qui d’après son nom même, est accord, contrat, échange volontaire. Passer un marché, c’est concilier des intérêts apparemment opposés mais qui mettent finalement en œuvre la diversité des talents, des moyens et des goûts. Le marché est pouvoir de choix. Le marché est transformation d’un conflit en harmonie (« catallaxie »). Le marché est un processus de découverte, révélant les préférences de personnes libres à travers les indicateurs des prix et des profits, coordonnant des millions de plans individuels. Erreur dramatique sur ce qu’est le libéralisme. S’il y a une idéologie libérale (alors qu’il s’agit d’une philosophie de la liberté), elle est très antérieure à Friedman et elle est française aussi bien qu’anglo-saxonne : c’est notamment Jean-Baptiste Say, Benjamin Constant, Alexis de Tocqueville, Frédéric Bastiat, Jacques Maritain, qui ont écrit les plus belles pages de la pensée libérale, des pages qui ont inspiré le monde entier, mais pas souvent leurs compatriotes. Le libéralisme n’est pas une recette d’efficacité économique, c’est une pétition pour la dignité de la personne humaine. Le libéralisme repose sur une certaine manière de voir l’être humain : créatif, désireux d’épanouir sa personnalité et de progresser grâce à ses talents, serviteur, sachant qu’il ne peut exister et se développer qu’au contact des autres, enraciné dans une communauté et à l’écoute des besoins des autres pour satisfaire les siens propres, « imparfait mais perfectible » parce que capable d’erreurs mais aussi doté de raison qui permet de tirer la leçon des erreurs. Je ne vois pas un tel humanisme dans la doctrine marxiste. Le communisme repose sur la haine au lieu de l’harmonie, sur la violence au lieu du contrat, sur la puissance au lieu de la confiance. Injure grave faite à tous ceux qui ont soutenu la cause de la liberté et cette idée de l’homme et des relations humaines, au péril de leur vie ou de leur carrière. Injure à tous ces peuples tenus en esclavage qui aujourd’hui n’aspirent pas à mettre en place une nouvelle nomenklatura, mais veulent le libre échange et la libre entreprise. Injure à tous ces peuples enfermés dans leur misère par un siècle d’économie dirigée et un demi-siècle de planification, qui voudraient maintenant rejoindre ces économies émergentes qui ont pris le train de la mondialisation et libèrent des millions d’êtres humains de l’incertitude et de la servitude. Il y a sept ans, j’écrivais dans les colonnes des Echos un article sur Bastiat. Je pourrais suggérer à Favilla de le reproduire aujourd’hui, il n’a rien perdu de son actualité. Mais je sais bien que règne dans ce journal actuellement, comme dans la France entière, un véritable terrorisme intellectuel : tout le monde a le droit de parler de l’ultra-libéralisme, sauf les ultra-libéraux. Dont je suis, et fier de l’être.
Jacques Garello
Le 13 octobre 2008
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Un blogueur a été condamné mercredi par le tribunal de grande instance d'Orléans à verser 7.400 euros au maire de la ville, Serge Grouard (UMP), pour l'avoir tourné
en dérision durant la campagne électorale des municipales.
Antoine Bardet, militant PS, devra régler 3.900 euros au titre des dépenses exposées par le maire dans le cadre des requêtes effectuées pour identifier l'auteur du blog, et 3.500 euros de frais
d'avocat. Il a décidé de faire appel.
Le blogueur devra également verser deux euros à Serge Grouard, l'un à titre personnel, l'autre au titre de maire. Enfin, il dispose d'un délai de 15 jours pour fermer définitivement son blog sous
peine de devoir payer 50 euros par jour de retard.
«Les propos en cause exprimés par des personnes se présentant comme des opposants n'auraient sans doute pas dépassé la simple polémique admissible en période électorale, mais le cadre particulier
de leur présentation qui va au-delà de l'anonymat, en fait un instrument anormal de dénigrement, de moquerie et de discrédit», a indiqué le tribunal.
Le blog, intitulé «Les Amis de Serge Grouard», a fonctionné entre septembre 2007 et juin 2008. Son auteur, qui figurait sur une liste électorale de gauche aux municipales, a été identifié au
terme d'une longue expertise.
M. Grouard a estimé que la décision avait «une portée importante en ce qui concerne l'éthique en politique» car «elle condamne le fait qu'un citoyen soit partie prenante à une élection et veuille
représenter le peuple, tout en agissant de manière anonyme pour dénigrer un candidat concurrent». «Dans le débat démocratique, le respect des règles éthiques peut paraître évident. Ça ne l'est
pas pour tout le monde», a-t-il ajouté.
Pour sa part, Antoine Bardet a déploré devant la presse: «Je suis à la fois effaré, abasourdi et sidéré par la disproportion tous azimuts que prend cette affaire. J'ai du mal à
comprendre que la loi sur la presse ne s'applique pas à cette affaire. Je commence à me demander si on peut rire de tout, n'importe où. Dans quelle société vit-on? Il n'y ni
diffamation, ni injure, on n'est vraiment sur la liberté d'expression».